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Le 7 décembre 1813, les forces suédoises remportèrent une victoire sur leurs adversaires danois à la bataille de Bornhöved. L'armée de Charles Jean continua sa progression vers le nord et s'empara le 19 décembre du fort de Christianpris, non loin de Kiel. Les Danois capitulèrent officiellement à Glückstadt le 4 janvier 1814. Dix jours plus tard, le Danemark fut contraint de signer le traité de Kiel par lequel il cédait officiellement la Norvège à la Suède. Alors qu'il résidait encore à Kiel, Charles Jean fut informé par ses agents que le prince Christian-Frédéric de Danemark, héritier présomptif de Frédéric VI et gouverneur de la Norvège, était prêt à réoccuper cette dernière en cas d'invasion suédoise. Le traité de Kiel mit fin aux hostilités dans le nord et l'opinion publique en Suède réclamait le retour du prince héritier. Le ministre des Affaires étrangères britannique, le vicomte Castlereagh, convainquit néanmoins Charles Jean de ne pas retirer ses troupes de la coalition tant que la défaite de Napoléon ne serait pas complète. De Kiel, Charles Jean se dirigea vers le sud en passant par Cologne, où il publia une proclamation au peuple français dans laquelle il expliquait les raisons de sa présence dans le camp adverse ; cependant, l'accueil réservé au texte fut glacial. De plus, malgré le soutien apparent d'Alexandre Ier, Charles Jean fut rapidement marginalisé en tant que candidat à la succession de Napoléon. Les troupes suédoises poussèrent encore jusqu'à Liège où elles arrêtèrent leur marche.
Sources : fr.wikipedia.org
À ce stade, une certaine discorde régnait entre le prince héritier et ses alliés et Charles Jean répugnait à l'idée d'entrer en ennemi sur le territoire de sa patrie d'origine. Un messager envoyé par Désirée et Napoléon lui laissa entendre qu'il serait bien placé pour succéder à ce dernier s'il parvenait à être le premier chef de la coalition à entrer dans Paris. En guise de réponse, le prince rappela que Napoléon devait d'abord abdiquer le trône, mais que lui-même ne ferait rien pour provoquer une guerre civile et n'accepterait la proposition que si celle-ci correspondait à la volonté collective du peuple français. Pendant son séjour à Liège, Charles Jean dut faire face à l'opposition croissante de ses alliés tout en essayant vainement de jouer un rôle dans l'imbroglio de la succession française. Ses ambitions personnelles furent même accueillies avec suspicion et amertume par ses compatriotes suédois. Cette longue période d'inaction fut préjudiciable à l'union suédo-norvégienne, encore fragile ; en l'absence du prince héritier et devant le manque d'initiatives destinées à faire respecter le traité de Kiel, Christian-Frédéric prit les Suédois de vitesse en occupant la Norvège, où il se proclama régent et promit l'élection d'une assemblée constituante qui devait se réunir à Eidsvoll à partir du 10 avril. L'armée russe, commandée par le tsar Alexandre en personne, fut la première à défiler dans les rues de Paris le 31 mars 1814.
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Dans les jours suivants, Talleyrand s'entretint avec Alexandre et avança l'idée que la présence de Charles Jean sur le trône serait plus profitable à la France que la restauration des Bourbons, mais ses conseils furent rapidement écartés. Parti de Liège, le prince héritier se rendit à Bruxelles puis à Paris où il arriva le 12 avril ; Napoléon avait abdiqué la veille et le comte de Provence, frère de Louis XVI, fut proclamé roi de France sous le nom de Louis XVIII. Très vite, Charles Jean s'efforça de manifester sa loyauté aussi bien envers la Suède qu'à l'égard de la France : il refusa notamment de s'associer aux revendications des Alliés contre les Français et signa avec ces derniers un traité de paix séparé. Sa visite avait essentiellement pour but de s'assurer du soutien des dirigeants étrangers dans son projet d'union avec la Norvège, au moment où des rapports inquiétants lui parvenaient sur la dégradation de la situation dans ce territoire. Il rencontra successivement Alexandre, Frédéric-Guillaume III et Castlereagh, et ce dernier lui promit que le Royaume-Uni continuerait d'exercer des pressions sur la Norvège au moyen d'un embargo commercial. Charles Jean quitta Paris au milieu du mois de mai ; il ne revint jamais dans son pays natal et ne s'aventura plus par la suite au-delà du sud de la mer Baltique.
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Charles Jean regagna la Suède à la fin du mois de mai et arriva à Stockholm le 10 juin, où son retour donna lieu à de grandes célébrations. L'enthousiasme du prince héritier fut toutefois de courte durée. En effet, l'union avec la Norvège n'avait pas encore été mise en œuvre et Christian Frédéric, rejetant les clauses du traité de Kiel, se proclama roi. Contrairement à la plupart des Suédois, Charles Jean prit très au sérieux la résistance norvégienne. Pour lui, il était essentiel que la Suède achevât son unité avant le congrès de Vienne qui devait se tenir en septembre, mais l'opposition des Norvégiens compromettait toute résolution pacifique et les deux camps comprirent rapidement qu'une guerre était inévitable. Charles Jean était conscient du fait qu'une invasion suédoise en bonne et due forme créerait une inimitié durable entre les deux pays et il proposa à la Norvège une union dans laquelle cette dernière disposerait d'une large autonomie, une solution à laquelle l'opinion publique dans les pays étrangers était également favorable. Ces considérations n'empêchèrent pas l'affrontement de se produire. Le 26 juillet, les troupes suédoises pénétrèrent en Norvège, contraignant les Norvégiens à se replier sans combattre sur Østfold. L'armée d'invasion se heurta à une résistance pour la première fois à Kongsvinger lors des batailles de Lier et de Matrand, où elle fut repoussée. Charles Jean avançait prudemment et ordonna à ses hommes de respecter les soldats en uniforme ainsi que les biens des populations locales.
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